La Voix des Sports - 06/11/2006
Saint-Amand au paradis, l’USVO touche le fond
Ligue féminine (6e journée)

Marie Fouteret (en blanc) se joue d’Émilie Gomis comme Saint-Amand de VO.
C’est un petit séisme dans le monde du basket qui s’est déclaré hier à Saint-Amand et dont on ne devrait pas tarder à connaître les conséquences. La troisième défaite de l’USVO en huit jours a fait tomber Valenciennes de très haut et le relègue à un rang inhabituel.
Laurent Buffard parle même « d’équipe de bas de tableau » pour qualifier la prestation de ses joueuses. Si la défaite en général donne les pires cauchemars à son entraîneur, le comportement de son groupe n’a pas fini de le tourmenter. « Les joueuses n’ont pas compris leur rôle dans l’équipe. On a des joueuses de salon qui ne remplissent pas leur contrat. Elles ratent des choses et n’ont pas le mental derrière pour se rebeller . » Inadmissible au pays de la culture de la gagne et des ambitions européennes.
Les Valenciennoises doivent aussi une grande partie de leurs malheurs aux Amandinoises. « C’est notre match le plus accompli, se réjouissait Fabrice Courcier, même si tout n’a pas été parfait. » Il avait juste demandé à ses joueuses d’être libérées. Elles l’ont enfin suivi, avec une Marie Fouteret véritable carte sécurité lors des lancers francs du money time.
À l’heure d’attaquer le derby des derbies, la mission fixée par Fabrice Courcier était simple : « Faire douter le plus longtemps possible l’USVO. » L’USAPH s’attela à la tâche avec une belle application et une détermination inébranlable.
La peur de rater s’est installée…
Dans le sillage de Cibert, percutante et en réussite, Saint-Amand avait ainsi pris les devants (12-6). Harrower se chargeant de redonner de l’allant à un VO endormi (15-16).
Et à l’attaque du deuxième quart, la machine semblait enfin partie, suite à un 7-0 alimenté grâce aux interceptions et pertes de balles amandinoises. Mais Stevenson et Peljto, sur un 16-2, mirent l’USAPH sur orbite (31-30 à la mi-temps). Les Amandinoises n’allaient plus lâcher la tête, se détachant progressivement en exploitant la maladresse adverse.
Avec une réussite totalement absente, quels que soient l’angle, la distance ou l’opposition, les Valenciennoises en arrivaient même à ne pas prendre les tirs ouverts. La peur de rater s’est installée. Pour la vaincre, Laurent Buffard qui n’a pas de mots pour crier sa colère, a promis du travail, « beaucoup de travail ».
Philippe GUILBAUD
Photo Didier CRASNAULT