J'ai pu terminer le second et commencer le troisième...
Tu es à la retraite à présent, le recopier ici te donnera l'impression d'avoir eu une journée utile et d'avoir contenté ton prochain, une bonne façon de débuter ce dernier épisode de l'existence....
Fais gaffe, l'Ecclésiaste ça plombe bien, je te conseille de ne pas commencer par là, mais ça peut aider en cas de profond désespoir dont on ne voit pas le bout, parce qu'on se dit qu'après tout, c'était la finalité de tout ça...
Pas le roman du siècle, un roman court, mais que j'ai trouvé agréable à lire, très juste dans la description de certains comportements outrés de notre société....
ça commence par le genre fausse bonne idée, un couple qui n'en peut plus d'être ensemble décide de s'offrir un voyage en Sicile pour recoudre ce qu'il est possible de recoudre...
Aéroport, voiture de loc, un petit chemin avant d'arriver au village pour aller voir la mer, le paradis sur place tourne à l'expérience foireuse avant de virer à quelque chose d'inconnu...
C'est bien conduit, au niveau de l'intrigue, mais surtout dans la façon de railler un petit monde bien propre sur lui se trouvant confronter à une situation inédite dans un pays étranger où il va aller de Charybde en Scylla jusqu'à l'épilogue final....
Léger sans doute, mais assez juste, une façon de montrer la totale déréliction comportementale de CSP+ confrontés à une situation inédite mais totalement empreinte de réel, réel qui semble expurgé de leur existence dont il ne reste pas grand chose d'autre qu'un narcissisme se vautrant dans la ouate du confort matériel donnant l'impression d'une sécurité de pacotille qui sera très vite dissipé...
Poursuite de la lecture de l'oeuvre de l'écrivain autrichien, c'est le premier roman qui se passe en France que je lis, on arrive au milieu des années 70....
J'y ai retrouvé un certain nombre de thèmes explorés dans le gardien de but...
La vision est un peu similaire, sauf que cette fois, le meurtre est fantasmé... Un technocrate d'une ambassade parisienne se réveille un matin avec le sentiment qu'il va commettre un meurtre...
Le roman est l'histoire de sa journée, où du réveil, jusqu'au coucher, tout dans son existence, de sa vie maritale à son boulot à l'ambassade jusqu'à ce qu'il déambule dans les rues de Paris et croise sur son chemin une jeune femme au hasard, tout lui apparaît factice, ridicule, la répétition de gestes et de mots abscons qui l'étouffent et lui rendent son existence insupportable....
C'est une disgression intérieure sur le malaise existentiel, sur le sentiment de vivre à côté de soi, et comment, à partir d'un cauchemar et d'une déambulation hasardeuse dans les rues, on peut essayer de si ce n'est rebâtir quelque chose, du moins appréhender l'existence sous un cours nouveau, celui de la sensation vraie...
Comme beaucoup de romans de Handke lus jusqu'ici, ce n'est pas très simple d'accès, on ne peut pas dire qu'on est porté par la trame romanesque, mais on cogite sur sa réflexion même si ce n'est pas d'une originalité flamboyante....